top of page
Beige and Green Aesthetic Minimalist Reminder Phone Wallpaper.png

La civilisation « suffisamment bonne »

Avenue Éditoriale No. 29: 15 février 2026


(Partie 1)


« Si nous voulons devenir capables d’être les analystes de patients psychotiques,

nous devons être descendus jusqu’aux couches les plus primitives en nous-mêmes. »

Donald Winnicott (1947)


 

Qu’est-ce que la civilisation ?

 

Dans l’imaginaire du monde moderne, une société dite civilisée se reconnaît à des marqueurs visibles de développement, censés garantir, en tout temps, le maximum de bien-être possible au plus grand nombre. Pour qu’un tel idéal soit soutenable, il faut une autorité centrale (le plus souvent l’État), une application effective du droit, une aptitude à produire de la prévisibilité et de l’ordre, ainsi que des structures externes qui soutiennent à la fois la constitution des identités individuelles et la cohésion symbolique du groupe. L’hypothèse implicite est la suivante : l’accès à des formes supérieures de pensée assurerait, de lui-même, le bien-être collectif.


Or la civilisation ne s'arrête point qu'à la sophistication.


La sophistication est un raffinement des moyens disponibles à une époque donnée de l’histoire ; elle ne dissout ni la brutalité, ni l’animalité, ni la sauvagerie, y compris lorsque celles-ci sont exercées par nos semblables, pourtant réputés « civilisés ». Les sociétés, à travers les siècles, ont presque toutes pu passer pour sophistiquées relativement à leur temps : l’humain ne cesse de progresser, et il a toujours su, en public, mettre en scène des vertus humaines: tolérance envers l’autre, respect de codes d’honneur, intégrité, équité etc.. Cela appartient à ce que signifie « appartenir à l’humanité ». Mais l’humanité, tout aussi constamment, rejoue la même dynamique dyadique : (i) les humains s’organisent en systèmes sociaux destinés à préserver la structure, la survie et le bien-être de leur unité collective, et, simultanément, (ii) les humains s’effondrent à répétition sous l’effet de la domination, de la contrainte et de l’instabilité. Le voisin peut, avec la même facilité, devenir un corps jetable - dépouillé de sa conscience, de son identité et de sa personne - dès l’instant où l’on juge permis de transgresser une règle. La civilisation, telle que nous l’entendons aujourd’hui, relève davantage d’un critère d’épreuve que d’un acquis. Il suffit d’une menace existentielle, de la peur, de l’humiliation, pour qu’elle perde ses principes opératoires et que les humains se retournent les uns contre les autres.


Mais notre prémisse n’est pas que le danger, à lui seul, incite à des comportements inhumains, ni que la puissance et la domination produisent, par nature, une légitimité morale sur autrui. Au contraire, nous cherchons à montrer qu’une menace suffisamment sévère, au point de déstabiliser notre sentiment même d’exister, révèle la grammaire secrète de la civilisation à laquelle nous appartenons.

 

Cela fait surgir les questions suivantes :

 

  • Ma civilisation considère-t-elle l’être humain comme une personne inviolable ?

  • Les membres de mon peuple deviennent-ils des corps jetables dès que la pression monte ?

  • L’être humain n’est-il alors qu’un corps assigné à une fonction utilitaire ?

  • Ou bien n’est-il qu’une catégorie qui finira, tôt ou tard, par déterminer si la vie qu’elle porte a la moindre valeur ?


Et pourtant, même en posant ces questions, nous demeurons dans le registre d’une éthique primitive. Ainsi formulée, l’interrogation continue de traiter l’être humain comme une classe protégée. Elle se réclame de la dignité humaine, ce qui explique pourquoi la société contemporaine s’imagine vivre dans la civilisation, alors qu’elle vit, plus exactement, dans une organisation sociale avancée, dotée d’une moralité intégrée, et capable de s’ajuster à ce qui devient « nécessaire » dès lors qu’une puissance dominante produit juste assez de stress pour que le corps social commence à demander à ses dirigeants :


Qu’est-ce qui est nécessaire, dans cette situation, pour prévenir un dommage immédiat envers notre endogroupe ?


Mais la nature même de la civilisation ne se réduit pas à la protection des siens sous la contrainte. Elle est ontologique à la source. Une civilisation véritable ne peut tolérer une régression éthique lorsqu’elle est attaquée, parce qu’être civilisé implique déjà d’être arrimé à l’intuition (ou plutôt à la connaissance) que la personne, de par sa nature, est irrévocable, inappropriable, inviolable. Dans notre cadre, la « personne » désigne les conditions mêmes qui permettent aux êtres humains d’exister comme personnes. Et parce qu’elle constitue l’essence de la civilisation réelle, la personne devient, de ce fait, moralement adressable par toute autre personne.


Or nous n’avons précisément plus accès, sur Terre, à une civilisation véritable, parce que lorsqu’un instigateur commet une atrocité sur autrui, l’acte dominant affirme ce qu’une personne est autorisée à être dans cette réalité partagée. Cela dépasse la simple déshumanisation. L'instigateur traite le rang ontologique de la victime dans l’univers comme un objet sur lequel lui seul peut légiférer. Sa prétention devient alors :


« Ta personne ne t’a pas été donnée par un Ordre supérieur, et je me reconnais comme étant une autorité pouvany te la retirer. »


Dans une civilisation réelle, les Lois de l’Univers demeurent opérantes quoi qu’il arrive ; les frontières éthiques seraient alors implicites et non des obstacles techniques que le pouvoir apprend à contourner.

 

L’humanité suppose que les atrocités n’atteignent que le corps et l’esprit ; elle manque ainsi le point d’appui métaphysique que constitue la nature même du réel, de l’existence et du monde : à savoir que la nature des vivants et leur statut ontologique ne peut être réorganisée par une autorité humaine. La puissance de l'homme n'est qu’un agent d’exécution à l’intérieur d’un système terrestre de permissivité. Elle contraint le monde à se conformer à sa reclassification de ce qu’elle décrète être la réalité mais ce faisant, elle commet un déclassement illicite :

 

La personne devient Objet / Fonction / Ressource

Le réel est forcé de se comporter comme si ce déclassement était vrai

La souveraineté de l’Être est usurpée


Voilà pourquoi nous tournons en boucle dans une civilisation « suffisamment bonne ».


(À suivre).


Or nous n’avons précisément plus accès, sur Terre, à une civilisation véritable, parce que lorsqu’un instigateur commet une atrocité sur autrui, l’acte dominant affirme ce qu’une personne est autorisée à être dans cette réalité partagée. Cela dépasse la simple déshumanisation. L'instigateur traite le rang ontologique de la victime dans l’univers comme un objet sur lequel lui seul peut légiférer.
Image générée avec l’assistance de l’IA.

***


Note de fin:

 

Nos éditoriaux mensuels sont des canalisations pures reçues du Ciel. L’équipe administrative responsable de leur transcription a le devoir de publier chacun de ces éditoriaux le 15 de chaque mois. Cette date est symbolique, car elle est en accord avec la date de naissance officielle de la plateforme web du Centre accrédité sous le nom de « Dieu Sauve Moi », le 15 septembre 2023. Plus qu’un simple éditorial, « L’Avenue Éditoriale » est une avenue sacrée ouverte à l’humanité afin qu’elle puisse se reconnecter à la Lumière, car Dieu se soucie du bien être de tous.





Commentaires


bottom of page