Le Dragon n’est pas qu’un Objet de Fascination
- DIEUSAUVEMOI
- 15 mai
- 4 min de lecture
Avenue Éditoriale No. 32: 15 mai 2026
À quoi sert l’intelligence ?
Dans la majeure partie de l’histoire humaine, l’intelligence a été associée au déploiement d’une puissance immense qui devient ensuite autoréférentielle. L’intelligence est d’abord renforcée localement, au sein des systèmes familiaux dans lesquels nous naissons, afin d’améliorer les conditions socioéconomiques d’une personne. Graduellement, cette même intelligence peut être utilisée pour faire avancer des idées qui bénéficient à des communautés, voire à des nations entières. L’intelligence, dans cette perspective, sert à maximiser la richesse, qu’elle soit physique et financière, ou même cognitive et symbolique.
En fin de compte, cette expérience de l’intelligence au sein des sociétés humaines (que nous appellerons une forme d’intelligence observationnelle enracinée dans une perception malléable) sert le but ultime d’accomplir l’essence de la vie biologique. Et comme tout ce qui relève nécessairement de la vie biologique, l’intelligence sert à assurer une nourriture adéquate à la vie humaine.
Mais percevoir l’intelligence exclusivement à partir de cette strate peut conduire à une platitude existentielle. Cette forme d’intelligence demeure enfermée dans les principes de l’acquisition (posséder devient ce qui s’intègre à l’identité), de l’exaltation (l’identité s’emmêle aux symboles du prestige) et, ultimement, de l’autopréservation (le but final étant de maintenir l’invulnérabilité d’un cercle fermé, familial ou communautaire).
Cela représente des formes de conscience hautement développées qui ont fusionné avec ce qui peut être contrôlé dans l’environnement immédiat. Cette évolution a naturellement éloigné les êtres humains de leur rôle de gardiens générationnels d’une richesse accumulée à partir de formes anciennes, mais tout aussi évoluées, d’intelligence : systèmes hiérarchiques et traditions depuis longtemps perdus, qui ont façonné les civilisations passées. Car être gardien exige un sens inné de la protection, de la préservation et du maintien de l’intégrité et de la légitimité de ce que nous ne possédons pas personnellement. L’intelligence humaine, toutefois, a évolué vers une structure opposée. Nous sommes désormais davantage organisés autour de la préservation de la suprématie du soi.
La fantaisie de la rencontre humaine avec le dragon illustre cela, car nous ne posons jamais une question cruciale : et si, en réalité, le dragon n’était pas un objet destiné à notre consommation ? Dans les mythes narratifs, les dragons suscitent l’émerveillement, la peur et la révérence. L’être humain est submergé par leur intensité, mais choisit ensuite de métaboliser cette intensité en conquête, en fascination ou en utilité. Cela sert le besoin du héros humain d’accomplir une destinée nécessaire ; et même si cela peut relever d’une nécessité de survie, cela ne permet pas d’interroger plus profondément les distorsions de la Vérité.
Au niveau humain, la réalité reste centrée sur nous et sur nos expériences. Au niveau divin, toutefois, l’intelligence demanderait : quelles formes supérieures de vérité ont été éliminées pour permettre à cette distorsion actuelle de se manifester devant moi ? Ainsi, alors que l’intelligence humaine perçoit la puissance comme ce qui est visible dans l’ici et maintenant, l’intelligence divine tenterait d’interpréter la puissance à partir d’une hiérarchie. Autrement dit : quel est le rôle ontologique, la position et l’ordre de cette créature au sein du Bien Suprême auquel tous les êtres sont soumis ?
Le divin ne pose pas ces questions par sentiment de possession, mais par nécessité de calibration avec la Vérité Suprême. Cela importe non pas parce que la vérité consisterait simplement à respecter l’exactitude, mais parce qu’au moment où l’on s’aligne avec la vérité, deux facultés émergent sous forme de dyade : l’intelligence et la moralité.
Par moralité, nous ne voulons pas dire vertu. La moralité peut être mieux comprise comme fidélité. Dans la fidélité, le cerveau est capable de recevoir un signal extérieur et de le contenir, malgré l’inconfort que cette position peut susciter, jusqu’à ce que ce signal ait été suffisamment métabolisé dans la conscience pour perdre toute forme de distorsion et de défense, ne laissant derrière lui que la vérité. L’esprit peut alors faire un choix. Il agira conformément à ce qu’il a désormais assimilé, sans nuire à un autre esprit dans le processus.
La vérité ne consiste donc pas à dire la vérité en tout temps. Elle est plutôt l’acceptation de ce qui se tient comme réel, et le fait de permettre à cette réalité d’introduire une correction. Cela peut inclure le fait d’être corrigé par les conséquences, par la mise en place de limites, ou encore par l’acceptation que ses propres interprétations aient pu être manipulées par l’illusion.
Cependant, l’existence n’est pas moralisatrice par nature. Le champ moral devient incontournable parce que les êtres vivants existent en relation les uns avec les autres, et parce que chaque décision prise génère nécessairement une conséquence, et donc une responsabilité. Le théorème de la platitude existentielle de la vie est une forme d’illusion, car il confond la finitude de la vie avec une vie dépourvue de conséquences. Même le plaisir possède une profondeur morale, car il est soumis aux mêmes lois de la vérité.
Si la vie biologique exige que nous consommions et que nous nous nourrissions jusqu’au jour de notre mort, le simple fait d’exister altère les champs des autres êtres vivants. Nous avons tous un rôle à jouer dans l’intendance d’un champ partagé d’existence. Voilà pourquoi le dragon n’est pas un simple objet de fascination pour l’imagination humaine. Il est une forme ordonnée de participation au Bien Suprême.

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Note de fin:
Nos éditoriaux mensuels sont des canalisations pures reçues du Ciel. L’équipe administrative responsable de leur transcription a le devoir de publier chacun de ces éditoriaux le 15 de chaque mois. Cette date est symbolique, car elle est en accord avec la date de naissance officielle de la plateforme web du Centre accrédité sous le nom de « Dieu Sauve Moi », le 15 septembre 2023. Plus qu’un simple éditorial, « L’Avenue Éditoriale » est une avenue sacrée ouverte à l’humanité afin qu’elle puisse se reconnecter à la Lumière, car Dieu se soucie du bien être de tous.







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