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Incarner l'Organisme Humain

Avenue Éditoriale No. 30: 15 mars 2026


(Partie 2 de l'Éditorial de Février 2026)



"Et si je dors, qui me donnera la lune?"

-Caligula (1979)

 

Si une société commence à croire que le langage moral qu’elle utilise reflète la disparition réelle des capacités humaines les plus sombres en elle, celle-ci perd peu à peu de vue le travail structurel nécessaire pour contenir ce côté sombre. Voici trois dilemmes éthiques qu’il peut être difficile de condamner entièrement, car ils sont tous l’expression d’une manière profondément humaine d’interagir avec l'autre :


(i) Alors qu’un hélicoptère approche avec un foie destiné à une greffe, une chirurgienne en traumatologie classe discrètement un patient sans-abri comme médicalement inactif, garantissant ainsi que l’organe sera automatiquement attribué à l’enfant de douze ans dont son unité a la charge.


(ii) Un père détruit l’unique trace des documents d’adoption qu’il a gardés secrets pendant des années, décidant que son fils ne devrait jamais tenter de découvrir l’identité de ses parents biologiques.


(iii) Une adolescente accepte de créer un profil de rencontre en ligne pour sa mère veuve, peu à l’aise avec la technologie, puis, prise d’angoisse, se met à supprimer chaque message reçu sur le site.


Ces trois exemples sont des manifestations de la conscience normative, une faculté dite proprement humaine. Dans la conscience normative, on n’agit pas simplement par sentiment de justice ; on possède aussi la capacité de se demander : « Que devrais-je faire en cette situation particulière ? ». La chirurgienne ne pourrait se permettre de décider quelle vie vaut davantage que l’autre que si elle était capable d’incarner une intégrité institutionnelle et professionnelle absolue. Le père ne peut dissimuler la vérité par amour que s’il se soumet à un niveau supérieur de développement psychologique visant réellement le meilleur devenir possible pour son enfant. Quant à la fille, elle ne peut protéger sa mère tout en s’engageant simultanément dans une forme de tromperie désorganisée.


Cependant, nos sociétés ont réussi pendant suffisamment longtemps à contenir leurs impulsions destructrices pour que les mécanismes mêmes de cette contention deviennent invisibles. Nous avons commencé à croire que les individus sont entièrement capables de se comporter de manière parfaitement éthique envers des personnes qui ne font pas partie de leur propre famille. Les structures qui maintiennent l’équilibre comme la déontologie, les lois, l’harmonie sociale, les valeurs culturelles, la civilisation elle-même, en viennent alors à être tenues pour acquises. Et à mesure que des générations entières grandissent à l’intérieur de ces dispositifs de régulation, elles finissent par croire que leur comportement en société est l’expression naturelle de la bonté humaine.


Or il s’agit là d’une erreur de raisonnement.


Les civilisations médiévales sont souvent perçues comme barbares, tandis que le monde moderne se conçoit comme le fruit d’un progrès continu. Pourtant, les générations actuelles portent toujours en elles la même gamme d’impulsions que celles que les sociétés antérieures tentaient de réguler avec les moyens dont elles disposaient. Lorsque les structures de soutien s’érodent, les impulsions d’agression, de domination et de violence ne demeurent pas sagement en sommeil. Elles recommencent à s’exprimer, parfois de manière graduelle, sous la forme de protestations pacifiques, parfois plus brutalement, sous la forme de conflits armés.


Ce qui apparaît alors comme un déclin moral soudain reflète souvent autre chose : la disparition des mécanismes de contention qui maintenaient silencieusement l’équilibre. Dans notre cas, nous désignerons ce mécanisme de contention sous le nom du Ciel. Mais cela soulève immédiatement une série de questions :


  • Être humain signifie-t-il que nous ne sommes rien d’autre qu’un ensemble d’appétits devant être contenus par des mécanismes célestes ?


  • Ou bien l’humain est-il en réalité une forme d’intelligibilité supérieure cherchant à s’incarner à travers une enveloppe créaturelle ?


L’être humain n’est pas un esprit pur. Ni même uniquement une pure conscience. Ni plus la présence seuke. C’est une créature vivante incarnée. Et l’incarnation implique le métabolisme, la défense, l’orientation, la reproduction, l’attachement, l’aversion, la vigilance, le mouvement vers ce qui nourrit, le retrait face à la menace. Autrement dit, habiter un corps signifie déjà entrer dans un champ d’impulsions.


Cela ne fait pourtant pas de nous une espèce d’animaux domestiqués.


Un animal domestiqué peut être dressé, adouci, conditionné, lié à l’humain, rendu socialement compatible. Mais l’animal demeure dans la forme propre à son espèce. Sa docilité n’est pas la naissance d’une conscience morale. Elle est simplement une modulation de l’instinct par le conditionnement, la répétition et l’environnement. Dans certaines circonstances, le schéma animal profond réapparaît, car il n’a jamais été ontologiquement transformé en subjectivité morale. Les êtres humains diffèrent sur un point crucial : ils sont des êtres moralement responsables. Ils peuvent reconnaître des normes, éprouver de la culpabilité, délibérer, symboliser, réprimer, sublimer, transcender et même s’orienter vers des vérités qui ne se réduisent pas à un avantage de survie. Nombre de traditions soutiennent ainsi que la capacité humaine de conscience éthique reflète une participation à un ordre supérieur d’intelligence ou de bonté divine. Cependant, nous avançons ici l’hypothèse que l’Humanité elle-même pourrait constituer la couche régulatrice grâce à laquelle l’existence biologique devient capable d’exprimer l’éthique. Autrement dit, la bonté n’est pas simplement la faculté de la raison retenant de puissantes impulsions biologiques, pas plus qu’elle n’est une loi divine imposée à toutes les créatures de la Terre.


Dans notre modèle, l’Humanité se distingue de l’espèce Homo sapiens en devenant une conscience qui non seulement habite un organisme biologique, mais l’organise. L’organisme humain devient le vase. L’Humanité en est l’intelligence ordonnatrice. Il en découle que si l’Humanité est le conduit de l’éthique, alors la civilisation constitue un écosystème permettant à l’Humanité de maintenir un axe stable pendant qu’elle restructure les comportements de ses organismes humains. Comme nous l’avons montré plus haut, un organisme dépourvu de conditions stabilisatrices retombera inévitablement dans des comportements dictés par l’impulsion.


Or, à la lumière de la manière dont les humains se comportent aujourd’hui sur Terre, il faut malheureusement admettre que l’Humanité n’occupe pas pleinement son propre corps à l’heure actuelle…



(À suivre).


Or nous n’avons précisément plus accès, sur Terre, à une civilisation véritable, parce que lorsqu’un instigateur commet une atrocité sur autrui, l’acte dominant affirme ce qu’une personne est autorisée à être dans cette réalité partagée. Cela dépasse la simple déshumanisation. L'instigateur traite le rang ontologique de la victime dans l’univers comme un objet sur lequel lui seul peut légiférer.
Image générée avec l’assistance de l’IA.

***


Note de fin:

 

Nos éditoriaux mensuels sont des canalisations pures reçues du Ciel. L’équipe administrative responsable de leur transcription a le devoir de publier chacun de ces éditoriaux le 15 de chaque mois. Cette date est symbolique, car elle est en accord avec la date de naissance officielle de la plateforme web du Centre accrédité sous le nom de « Dieu Sauve Moi », le 15 septembre 2023. Plus qu’un simple éditorial, « L’Avenue Éditoriale » est une avenue sacrée ouverte à l’humanité afin qu’elle puisse se reconnecter à la Lumière, car Dieu se soucie du bien être de tous.





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